Le recul de la biodiversité, les pollutions et leurs effets sur la santé des individus, le malaise social, la baisse du pouvoir d’achat et une précarité grandissante n’émeuvent nullement la horde d’apprentis sorciers dont les pressions incessantes sur les politiques et parlementaires de tous poils, ou avec leur aval et soutien dans bien des cas, ne visent qu’un objectif de rentabilité, de gains à très courts termes et l’obtention de juteux contrats.
De plus, et sans scrupules aucuns, voici que l’on jette à la figure du citoyen les gains faramineux de quelques forfaitures d’opulents personnages.
M. Bernard Arnault, patron de LVMH, gagne l’équivalent de vingt-sept mille ans de smic ; soit ! Mais quel est le plus révoltant dans cette affaire ? Sont-ce les milliers d’années d’avance en matière de finances du pécunieux en question , ou le système économique et politique qui a favorisé une telle démesure ?
Quoi qu’il en soit, tout concitoyen normalement constitué ne peut qu’en avoir la nausée. Les profits s’affichent désormais sans craintes, en parfaits tableaux d’une répartition des richesses en lambeaux.
Les peuples indigènes et les populations autochtones souffrent également du mépris des puissances économiques n’hésitant pas à spolier leurs terres dans le seul but d’en exploiter les ressources naturelles, et supportent avec peine les influences climatiques et environnementales provoquées par une industrialisation effrénée et une destruction de l’écosystème.
Au cœur de cette course, désormais, le nucléaire, dont les conséquences ne manqueront pas d’être graves pour l’avenir.
Le progrès et la démocratie s’habillent souvent de vertus, tel un Cheval de Troie dont les intentions mercantiles ne manquent pas de se trahir, une fois introduit dans l’enceinte convoitée. Les dégâts écologiques et humains, quant à eux, ne sont jamais loins... mais il n’y a pas de retour en arrière, et ceux-ci sont parfois irréversibles.
Tout travaille donc à la formation de la colère et du ressentiment, ou bien à la capitulation, à la lassitude et au fatalisme, ce qui n’est guère mieux. A se fondre dans la norme en fidèle soldat de l’ordre à la consommation, l’individu est devenu étranger à soi-même, incapable à ce point de construire un projet créateur qui puisse le libérer du joug matérialiste et consumériste.
Les problèmes qui affectent nos sociétés ne pourraient très bien être que le strict reflet d’une collectivité humaine dont la « servitude volontaire » fait le terreau depuis des decennies d’une domination des nantis œuvrant au démantèlement des institutions démocratiques.
En ce sens, l’ensemble des masses médias se révèle à son tour un miroir tout aussi conforme au portrait d’une population qu’il abreuve d’images au quotidien, sans jamais toutefois, ou si rarement, interroger son regard et lui donner à voir et à penser l’au-delà du visible...
Nous vivons par conséquent un système où ce qui est désormais donné à la réflexion et au jugement ne l’est que selon des grilles conformes à une volonté absolutiste, et disons-le, impérialiste, souvent hors d’atteinte car délidérément isolée du peuple, ou formulée dans la complexité des lois et des traités, là encore volontairement occultes et complexes quant à leur intelligibilité, et fermés, par définition, à la bonne compréhension de tous citoyens.
Nous venons d’assister, d’ailleurs, à ce que l’on est en droit et en devoir d’appeler un déni de démocratie à l’encontre de la population française, devant le refus du président en place de satisfaire à la nécessité d’un référendum quant au Traité Constitutif Européen Simplifié, ce et alors que le 29 mai 2005, lors du vote relatif au Traité Européen, le « Non » l’avait emporté à 56 % !
Il est à noter là encore, que, au coeur de cette mascarade, à droite comme à gauche, le courage politique n’aura nullement brillé de ses feux démocratiques. Mais comment en aurait-il pu en être autrement, alors que la dite cérémonie se déroula dans les ors de Versailles... ?
Il ne manquât que le roi à cette fanfaronnade ! Or, si l’on ne meurt pas du ridicule, il y a cependant tout à parier que l’on en pâtit tôt ou tard.
Aussi, et à la réflexion, ce qui est donné à penser ressemble bien plus à de l’impensé, du pur produit de « société du spectacle », divertissements sans gravité, tout à fait à même de rendre les « cerveaux disponibles » à toutes formes de manipulations, lucratives tant qu’à faire.
L’hégémonie d’un tel modèle fait toujours violence aux minorités auquelles il refuse nécessairement l’existence, sinon à l’admettre que sous la seule condition d’un asservissement et d’une dépendance à sa puissance colonisatrice !
Cependant, tout travaille aussi à la résistance de quelques-uns, minoritaires certes, mais dont les victoires grandes ou petites soulèvent en soi un regain d’espoir et une once de raison à ne point céder au défaitisme ambiant.
Notre avenir en dépend, aujourd’hui plus qu’hier.
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